— Cadre légal 2026

Réglementation VTC en 2026 : le guide juridique complet

Textes fondateurs, loi Grandguillaume, obligations du chauffeur, sanctions applicables, évolutions récentes. Tout le cadre légal du métier VTC au 1er janvier 2026.

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Le cadre légal du VTC en France : textes fondateurs

La profession de Voiture de Transport avec Chauffeur (VTC) est née légalement avec la loi n° 2009-888 du 22 juillet 2009 relative au développement et à la modernisation des services touristiques. Ce texte fondateur a créé une catégorie juridique distincte du taxi pour encadrer le transport privé de personnes sur réservation. Depuis, trois textes majeurs ont structuré progressivement la profession.

La loi Thévenoud (n° 2014-1104 du 1er octobre 2014) est venue clarifier les frontières entre taxi et VTC après plusieurs années de conflits. Elle a notamment instauré l'obligation de réservation préalable pour les VTC, interdit le retour obligatoire à la base entre deux courses (mesure ultérieurement abrogée), et créé le registre national VTC. Ce texte a posé les fondations du marché tel qu'on le connaît aujourd'hui.

La loi Grandguillaume (n° 2016-1920 du 29 décembre 2016) a achevé la structuration en mettant fin aux statuts LOTI et capacitaire pour le transport particulier avec véhicules de moins de 9 places. Elle a également instauré l'examen VTC tel qu'on le connaît aujourd'hui. Depuis le 1er janvier 2018, plus aucune activité de transport de personnes à titre onéreux dans un véhicule de moins de 9 places ne peut exister en dehors des statuts taxi et VTC.

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Code des transports : les articles fondamentaux

L'ensemble des dispositions législatives applicables au VTC a été codifié dans le Code des transports, aux articles L3120-1 à L3124-13. Ces articles organisent les règles du transport public particulier de personnes (T3P), qui englobe les taxis, les VTC et les deux-roues motorisés. C'est la référence juridique centrale du métier.

Article L3120-2 du Code des transports

« Le transport public particulier de personnes est effectué par des taxis, des voitures de transport avec chauffeur ou des véhicules motorisés à deux ou trois roues, dans les conditions définies par le présent titre. »

Source — Legifrance

L'article L3122-1 définit précisément ce qu'est un VTC : « Les véhicules de transport avec chauffeur sont les véhicules automobiles comportant, outre le siège du conducteur, quatre à neuf places, exploités par des personnes dont l'activité consiste à mettre à la disposition de leur clientèle, sous condition d'une réservation préalable, les véhicules en cause et leur conducteur en vue d'effectuer, à titre onéreux, un transport particulier de personnes ».

L'article L3122-3 impose la réservation préalable comme condition sine qua non de l'activité VTC. L'article L3122-9 interdit le stationnement sur la voie publique en attente de clients, sauf cas dérogatoires. L'article L3124-4 fixe les sanctions applicables aux contrevenants. Ces dispositions ne sont pas symboliques : les contrôles sont fréquents, notamment aux abords des aéroports et des gares parisiennes.

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Loi Grandguillaume et ses effets sur le marché VTC

La loi Grandguillaume est probablement le texte le plus structurant pour la profession depuis sa création. Adoptée fin 2016, elle répond à plusieurs enjeux : clarifier les frontières entre taxis et VTC après les manifestations de 2015-2016, mettre fin à une concurrence déloyale via les statuts LOTI dévoyés, et encadrer les plateformes numériques de réservation.

La mesure phare a été la suppression progressive du statut LOTI pour les véhicules de moins de 9 places. Avant cette loi, de nombreux chauffeurs exerçaient sous statut LOTI (transport à la demande) sans avoir passé l'examen VTC ni détenir de carte professionnelle VTC. Cette voie détournée a été fermée définitivement au 31 décembre 2017. Les chauffeurs concernés ont dû basculer vers le statut VTC ou taxi sous peine de cesser leur activité.

La loi a également instauré une responsabilité renforcée des plateformes de mise en relation (Uber, Bolt, etc.). Elles doivent désormais vérifier que leurs chauffeurs disposent bien de la carte VTC, d'une assurance professionnelle et d'un véhicule conforme. En cas de manquement, la plateforme est co-responsable et peut être sanctionnée pénalement. Cette disposition a conduit les grandes plateformes à durcir significativement leurs contrôles internes.

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Obligations du chauffeur VTC : carte pro, registre EVTC, assurance

Un chauffeur VTC doit respecter en permanence un ensemble d'obligations légales, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu'à la suspension définitive de sa carte professionnelle. Ces obligations se répartissent en trois niveaux : les obligations liées à la personne du chauffeur, celles liées au véhicule, et celles liées à l'exercice de l'activité.

  • Détenir une carte professionnelle VTC en cours de validité, délivrée par la préfecture après réussite à l'examen. Valable 5 ans, renouvelable sur demande.
  • Être inscrit au registre national des entreprises VTC (EVTC), tenu par le Ministère des Transports. Inscription valable 5 ans, renouvelable.
  • Disposer d'une assurance responsabilité civile transport de personnes à titre onéreux, distincte de l'assurance auto classique.
  • Justifier d'une garantie financière d'au moins 1 500 € par véhicule exploité, destinée à indemniser les clients en cas de défaut de l'entreprise.
  • Tenir un registre des courses mentionnant la date, l'heure, le lieu de prise en charge et de dépose, ainsi que le nom du client pour chaque prestation.
  • Apposer le macaron vert VTC sur le pare-brise et la vitre arrière du véhicule, pour identification par les autorités.
  • Remettre une facture détaillée au client comportant le détail de la course, le nom du chauffeur et les coordonnées de l'entreprise.
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Restrictions : maraude interdite, stationnement, retour à la base

La principale restriction du métier VTC est l'interdiction absolue de maraude. Un chauffeur VTC ne peut pas prendre un client qui lui fait signe dans la rue, ni utiliser une borne d'appel ou une station dédiée aux taxis. Toute prise en charge doit être précédée d'une réservation formelle (via une plateforme, par téléphone, par email, etc.) et traçable. Cette règle, posée par l'article L3122-3 du Code des transports, est la différence fondamentale avec le statut de taxi.

Le stationnement sur la voie publique en attente de clientèle est également interdit pour les VTC. Concrètement, entre deux courses, un VTC doit soit être en train de rouler (en direction du prochain point de prise en charge), soit être stationné dans un parking fermé ou sur un emplacement qui ne constitue pas une attente visible de clientèle. Cette règle est particulièrement surveillée aux abords des aéroports et des grands hôtels.

L'obligation de retour à la base entre deux courses, instaurée en 2014 puis abrogée en 2016 suite à plusieurs décisions du Conseil constitutionnel, n'existe plus. Un VTC peut donc enchaîner directement les courses sans repasser par son siège social, ce qui a été une avancée majeure pour la rentabilité du métier. C'est l'une des évolutions les plus notables de la réglementation récente.

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Différences légales VTC / taxi / LOTI / capacitaire

Critère
VTC
Taxi
LOTI < 9pl
Statut actuel
Actif
Actif
Supprimé 2018
Maraude
Interdite
Autorisée
Licence
Inscription EVTC
Licence ADS
Tarification
Libre, fixée à l'avance
Horodateur réglementé
Voies bus
Non
Oui (selon ville)

Les statuts LOTI et capacitaire (transport public routier) existent encore, mais uniquement pour les véhicules de 10 places et plus (minibus, navettes collectives). Pour le transport particulier en véhicule standard, seuls les statuts VTC et taxi sont désormais autorisés.

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Évolutions réglementaires récentes (2024-2026)

Le cadre réglementaire du VTC n'est pas figé. Depuis 2024, plusieurs évolutions ont été mises en œuvre ou sont en cours de finalisation. La plus notable concerne l'encadrement des Zones à Faibles Émissions (ZFE). Le calendrier de la ZFE du Grand Paris évolue régulièrement. Consultez le site de la Métropole du Grand Paris (metropolegrandparis.fr) pour les restrictions Crit'Air en vigueur à la date de votre immatriculation. Cette dynamique pousse les chauffeurs VTC à renouveler plus rapidement leur parc vers l'hybride ou l'électrique.

Une seconde évolution concerne le renforcement des obligations sociales pour les plateformes numériques. Depuis 2023, suite à la loi dite « Uber Files », les plateformes sont tenues à une transparence renforcée sur les algorithmes de répartition des courses, les commissions appliquées et les critères de désactivation des chauffeurs. Un médiateur national des plateformes a été créé pour résoudre les litiges.

Par ailleurs, les contrôles des véhicules VTC ont été renforcés ces dernières années par la DGCCRF et les forces de l'ordre, avec un focus particulier sur la présence du macaron, la validité de l'assurance et la tenue effective du registre des courses. Les sanctions ont été durcies pour les récidivistes : suspension possible de la carte VTC pour 6 mois à 2 ans en cas de multiples manquements.

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Sanctions en cas de non-respect

Les sanctions applicables aux VTC en infraction sont graduées selon la gravité. La plus lourde concerne l'exercice illégal du métier sans carte professionnelle : article L3124-4 du Code des transports, passible de 15 000 € d'amende et d'un an d'emprisonnement. Cette sanction s'applique aussi bien au chauffeur qu'au donneur d'ordre (plateforme, intermédiaire) qui aurait sciemment fait appel à lui.

La maraude illégale est passible d'une amende forfaitaire de 1 500 € (articles L3124-7 et suivants). En cas de récidive dans les 3 ans, la peine peut aller jusqu'à la suspension de la carte professionnelle pour une durée de 6 mois à 2 ans. Le défaut d'inscription au registre EVTC entraîne une amende de 15 000 € par véhicule exploité. L'absence d'assurance professionnelle est passible d'une amende de 3 750 € et d'une suspension du permis de conduire pour 3 ans.

Pour comprendre l'ensemble du parcours VTC et les étapes pour se mettre en conformité, consultez notre guide complet pour devenir chauffeur VTC, ainsi que nos guides dédiés à l'examen VTC et au choix du statut juridique.

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Questions fréquentes sur la réglementation VTC

Quels sont les textes de loi qui régissent le métier de VTC ?
Le métier de VTC est encadré par trois textes fondateurs : la loi n° 2009-888 du 22 juillet 2009 qui a créé le statut, la loi Thévenoud n° 2014-1104 du 1er octobre 2014 qui a clarifié les distinctions taxi/VTC, et la loi Grandguillaume n° 2016-1920 du 29 décembre 2016 qui a supprimé les statuts LOTI et capacitaire. Ces textes sont codifiés dans le Code des transports (articles L3120-1 à L3124-13).
Un VTC peut-il prendre des clients dans la rue sans réservation ?
Non. La loi interdit strictement la maraude (prise en charge de clients dans la rue sans réservation préalable) aux chauffeurs VTC. Cette pratique est réservée aux seuls taxis. Un VTC qui pratique la maraude s'expose à une amende de 1 500 € et à une suspension de sa carte professionnelle en cas de récidive.
La loi Grandguillaume a-t-elle supprimé le statut LOTI ?
Oui. La loi Grandguillaume du 29 décembre 2016 a mis fin progressivement au statut LOTI pour les véhicules de moins de 9 places utilisés en transport à la demande. Les capacitaires qui exerçaient sous ce régime ont dû basculer vers le statut VTC ou taxi avant le 31 décembre 2017. Depuis, le transport de personnes à titre onéreux avec un véhicule de moins de 9 places relève exclusivement du statut VTC ou taxi.
Quelles sont les sanctions pour un VTC en infraction ?
Les sanctions varient selon l'infraction. Exercer sans carte professionnelle est passible de 15 000 € d'amende et d'un an d'emprisonnement (article L3124-4 du Code des transports). La maraude illégale est passible de 1 500 €. Le défaut de registre ou d'assurance entraîne des amendes de 450 à 1 500 € et peut aboutir à la suspension de la carte VTC.
Un VTC doit-il obligatoirement être assuré professionnellement ?
Oui, obligatoirement. L'article L211-1 du Code des assurances impose une responsabilité civile adaptée au transport de personnes à titre onéreux. Un contrat auto classique ne couvre pas cette activité. Un VTC non assuré professionnellement s'expose à une amende de 3 750 €, à une suspension du permis et à des poursuites pénales en cas d'accident.
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